RockHard France Magazine
by
Djul
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: 7/10 |
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Haken est présenté par les médias anglais comme la nouvelle sensation du prog britannique depuis sa création, en 2007. Il est vrai que nos amis insulaires ne nous ont pas servis en jeunes talents dans le prog pur depuis un bail. C'est donc sur cette formation que nos confrères de classic Rock et d'autres ont jeté leur dévolu, et ils ne l'ont pas choisi au hasard. En effet, c'est Richard Henshall, guitariste et claviériste de To-Mera, qui est à l'origine de celle-ci. La grande différence entre les deux groupes réside dans le côté bien plus mélodique et moins martial de Haken, à tel point que le qualificatif de "métal" accolé à ce dernier est par moments presque usurpé (la quasi ballade "Deathless" et son final hypnotique). La contribution de Ross Jennings au chant y est pour beaucoup, qui apporte un grain à la fois rock et blues aussi innatendu qu'agréable, dans un registre parfois proche du grunge ou d'un Alter Bridge. Ce Visions s'éloigne donc de son prédecesseur, Aquarius (2010), en abandonnant tout chant brutal et, plus généralement, les tendances les plus extrêmes de son répertoire : sûrement un moyen pour Henshall de réserver celle-ci à To-Mera. Ce n'est d'ailleurs probablement pas un hasrad si c'est sur un morceau instrumental tel que "Portals" que les influences les plus "dures" ressortent, à mi-chemin entre des passges très influencés par Dream Theater, mais parfaitement exécutés, et des rythmiques syncopées et jouées sur 8 cordes dignes de Meshuggah. A l'inverse, la pièce maîtresse de ce second album, le morceau titre de plus de vingt minutes, tranche nettement avec le passé du groupe, pour mélanger subtilement des refrains accrocheurs dignes de ACT et des accalmies empruntant à Genesis et à Gentle Giant (le canon vocal du deuxième tiers), dans une version bodybuildée. On goûte également avec toujours autant de plaisir à cette manière insidieuse de porter des ambiances bien plus sombres qu'il n'y paraît, comme sur "Shapeshifter" qui, lentement mais sûrement, dérive vers des atmosphères à la Tool. Un peu à la manière de Leprous l'en dernier, Haken brasse large et surtout suffisamment moderne pour ne jamais être catégorisé dans le métal progressif classique et sans inspiration. Ainsi, à part le fait que sa pochette est une honteuse copie de celle du Revisions de 3, Visions est un disque éclairé par de nombreuses influences et maîtrisé de bout en bout pour ne jamais lasser.